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Le retour à une « nouvelle normalité » : entre virtuel et présentiel

[ Actualités communautaires ]

Alors que plusieurs espéraient un retour aux activités en personne après la pause estivale, c’est plutôt le maintien des consignes sanitaires et l’imposition du passeport vaccinal pour certaines activités qui attendaient les groupes. Sans compter que ce n’est qu’à la veille de la fête du Travail que le RIOCM a obtenu copie du Guide de maintien et adaptation des activités et services offerts par le milieu communautaire, dont la mise à jour était réclamée depuis des mois ! Encore plongés dans l’incertitude, les organismes sont nombreux à hésiter entre les activités en personne ou la poursuite des activités en mode virtuel. La fatigue accumulée des derniers mois s’ajoute au sous-financement chronique. La surcharge de travail s’aggrave avec la difficulté de recruter du personnel. Les crises sanitaire, économique et sociale affectent grandement les participant.es autant que les groupes eux-mêmes.

Passeport vaccinal dans les activités communautaires

L’obligation d’exiger le passeport vaccinal pour certaines activités offertes par les organismes, par exemple les assemblées publiques et les sports, est tombée le lendemain de notre prise de position contre son imposition dans le mouvement d’action communautaire. Nous considérons que l’ensemble des activités qui y sont offertes sont essentielles. Comme dans le cas de l’imposition du couvre-feu, l’obligation de présenter le passeport vaccinal comporte des risques d’exclusion des personnes vulnérabilisées et marginalisées.

Fracture et exclusion numériques

Sans téléphone intelligent ni imprimante, certaines personnes peuvent difficilement obtenir ou présenter leur preuve vaccinale, un obstacle de plus pour obtenir des ressources et services. Nous le répétons, les gouvernements doivent s’assurer de l’accessibilité pour tous avant de mettre en place leurs mesures. Certains groupes ont dû pallier ce manque en aidant les personnes à télécharger leur passeport vaccinal, à l’imprimer, etc. Des tâches qui s’ajoutent à leur charge de travail alors qu’ils ne sont pas épargnés par la pénurie de main-d’œuvre. 

Vaccination obligatoire des travailleur.euses du communautaire

Le 7 septembre dernier, un premier communiqué diffusé par le gouvernement de la CAQ affirmait que « certains groupes communautaires et acteurs qui offrent des services aux personnes vulnérables » seraient soumis à l’obligation vaccinale à partir du 15 octobre, tout comme les travailleur.euses du Réseau de la santé. D’abord, des voix se sont élevées pour que les travailleur.euses du milieu communautaire ne soient pas assimilés à ceux de la santé. Ensuite, des demandes répétées ont été adressées pour clarifier les catégories de travailleur.euses visés. Il a fallu attendre la sortie du décret le 24 septembre pour savoir que l’obligation vaccinale se limite aux groupes liés par des ententes de sous-traitance formelles, communément appelées « ententes de services 108 » en référence au numéro de l’article de loi.

D’une part, ce choix n’est ni expliqué ni justifié scientifiquement, puisque ces ententes ne sont pas nécessairement caractérisées par un type d’activités qui seraient plus à risque. D’autre part, un flou persiste encore puisque les groupes ne savent pas tous clairement s’ils ont signé des ententes de type 108. En outre, les CIUSSS montréalais refusent de partager leurs listes officielles avec les regroupements, ce qui pourtant a été fait dans d’autres régions, afin qu’ils puissent transmettre des informations adéquates aux groupes. Ces annonces entretiennent l’incertitude et mènent à des déchirements dans certains groupes, tout en augmentant le stress des travailleur.euses toujours dans l’attente, alors que le délai minimal requis pour être adéquatement vacciné est dépassé.

Priorisation de l’offre de service

Le fonctionnement à effectif réduit force plusieurs groupes à concentrer leurs énergies dans les services directs à la population pour répondre aux besoins grandissants. Cela se fait parfois aux dépens des activités de mobilisation visant la transformation sociale. Les fonds d’urgence et sectoriels annoncés dans l’urgence ont certainement encouragé ce déplacement des priorités qui, pour certains, s’apparente à de l’instrumentalisation.

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