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Le financement du milieu communautaire

[ Actualités communautaires ]

FONDS D’URGENCE COVID-19

La crise n’a toujours pas pris fin, mais les fonds d’urgence COVID-19 sont à peu près tous épuisés ou ont été retournés dans les coffres de l’État. Ce fut le cas de la presque totalité (90 %) des sommes annoncées dans le cadre du deuxième fonds d’urgence PSOC, seulement admissible aux organismes qui ont fait un déficit, et dont 63 M$ des 70 M$ ont été retournés au trésor québécois. D’ailleurs de nombreux fonds sectoriels, souvent par ententes ou projets, sont annoncés alors que le parent pauvre reste le financement à la mission, indispensable au fonctionnement de base des groupes. Nous déplorons que le financement à la mission recule, ne soit pas indexé dans tous les programmes d’action communautaire autonome, stagne ou n’ait droit qu’à un faible rehaussement, comme les 17 M$ consentis au PSOC dans le dernier budget provincial, qui équivaut, en moyenne, à moins de 5000 $ par groupe.

FINANCEMENTS PUBLICS SECTORIELS

De nombreux plans d’action et investissements sectoriels ont été annoncés ou sont attendus prochainement, dont voici quelques exemples : jeunesse (2021-2024), santé des femmes, violence faite aux femmes, exploitation sexuelle des mineurs, ressources d’hébergement en dépendance, prévention de l’utilisation des substances psychoactives chez les jeunes, santé mentale, prévention du suicide, etc. Certains financements liés à ces plans d’action peuvent avoir pour effet d’instrumentaliser les groupes en les contraignant à une offre de services déterminés par le gouvernement. Cela soulève de sérieuses questions quant à l’autonomie des organismes. Après tant d’investissements sectoriels, quelles peuvent être nos attentes envers la bonification du PSOC – mission globale pour tous ?

FINANCEMENTS PHILANTHROPIQUES

Au cours des derniers mois, les acteurs philanthropiques se sont frayé une place encore plus importante pour soutenir des organismes communautaires dans leur réponse à l’urgence. Beaucoup de fondations ont intensifié leurs discussions avec les groupes, les concertations locales et les institutions du Grand Montréal. Est-ce que cela annonce un financement accru des initiatives communautaires ciblées au niveau territorial ?

Pensons d’abord aux Plans d’action COVID, financés par le Consortium philanthropique COVID Québec, coordonné par la Fondation du Grand Montréal et les Fondations philanthropiques du Canada. Ces plans d’action territoriaux avaient pour objectif de lutter contre la propagation du virus en sensibilisant la population, pourtant une responsabilité indéniable du gouvernement. Entre autres projets, le milieu communautaire a participé à des brigades formées d’acteurs institutionnels et de bénévoles de la Croix-Rouge. Bien conscient que l’argent des fondations privées venait pallier les manques de l’État, le milieu communautaire y voyait toutefois l’occasion de demeurer en contact avec les habitants de leur quartier.

Toujours avec une composante territoriale, tout en visant des changements systémiques, s’amorce la 2e phase du Projet à impact collectif (PIC) géré par Centraide, avec les fonds de plusieurs fondations privées et en collaboration avec la Ville de Montréal, le Réseau de la santé et la Coalition montréalaise des tables de quartier (CMTQ). Ayant permis le déploiement de projets collectifs dans 17 quartiers montréalais lors de la première phase, les concertations locales doivent sous peu annoncer leur intention de (re)déposer un projet. Beaucoup déplorent que ces financements d’une durée limitée, impliquant un lourd processus d’évaluation des impacts et de concertation, soutiennent en fait des actions inscrites dans la mission des organismes, comme la mobilisation citoyenne et l’éducation populaire.

D’ailleurs, Centraide du Grand Montréal réitère qu’il appartient aux gouvernements d’offrir un financement récurrent à la mission et met fin aux renouvellements perpétuels des ententes dédiées aux fonctionnements de base des organismes avec sa nouvelle stratégie d’investissements. Dès avril 2022, des financements limités dans le temps seront accordés en fonction des données populationnelles et des enjeux territoriaux du moment. Les organismes historiquement financés par Centraide pourraient donc perdre leur financement pour que d’autres groupes puissent nouvellement avoir accès à une entente à durée déterminée. Prioriser l’innovation aux actions existantes a un coût. Nous craignons qu’au nom d’une plus grande agilité, Centraide précarise encore davantage les groupes déjà fragilisés par des mois de crise. Le RIOCM est en contact avec Centraide et nous avons d’ailleurs profité de l’entrée en poste du nouveau directeur général, Claude Pinard (anciennement à la Fondation Saputo), pour marteler l’importance de la stabilité du financement afin d’assurer une constance dans les interventions, ce qui est essentiel pour « faire une vraie différence », l’expression tant prisée par les milieux philanthropiques. Nous espérons que cela résonnera à l’oreille de Centraide.

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